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lundi 13 février 2023

20ème FIFO : le comble de l’infection ségrégationniste

Le comble de la pestilence

      Le comble de "l’infection" (sic), semble avoir contaminé atrocement l’atmosphère globale des films en compétition du FIFO 2023... Rarement un film n’avait produit cet effet en 20 ans de Festival ! Preuves et  arguments à l’appui, INCARCERATION NATION de Dean Gibson nous assène l’horreur et le désastre que les générations blanches d’Australie imposent actuellement aux Aborigènes, à travers un terrorisme systémique (Étatique).

      Rarement un documentaire sélectionné au IN du FIFO n’avait atteint un tel degré d’abjection à tous les niveaux de ses rouages : qu’il s’agisse du gouvernement, de la justice, des instances sanitaires, sociales, éducatives et sécuritaires...

           Malgré les lois égalitaires conclues constitutionnellement, aucun nouveau statut ne protège les populations originelles et un système néo-colonialiste raciste ne fait qu’entériner la spoliation initiale, l’esclavagisme, les interdits les plus basiques, les viols, les violences,  : par le biais d’internements automatiques...

Une ségrégation systémique...

          Un important stock de vidéos de surveillance montrent pléthore d’enlèvements d’enfants, nombre d’abus sexuels sur mineurs en détention, de traitements contraires aux droits internationaux et à tous les échelons des forces de l’ordre et de la justice, une totale impunité, voire immunité des contrevenants blancs.

        Il semblerait que la situation n’ait pas évolué d’un iota depuis plus de 2 siècles de conquête ; que la mentalité australienne se soit figée dans le même temps, malgré les tentatives politiques de "réconciliation" et la succession de "Commissions royales", sensées assainir une situation qui dépasse l’entendement et scandalise les mouvements humanitaires...  


À l’autre bout de la chaîne du OFF

          Sauf que, spectateurs tranquilles dans nos sièges , nous n’avons pas à faire face aux enjeux du festival, ni aux critères que s’est choisi le jury, pour être représentatif du documentaire océanien...

       Parallèlement, l’Australien John Hughes signe SENSES OF CINEMA. Un documentaire atypique dans le panorama habituel des documentaires sélectionnés. Car très technique, il analyse le mouvement artistique cinématographique des années 60. Le cinéma expérimental touche et dynamise toute une génération de réalisateurs qui n’hésitent pas à traiter des sujets tabous.

Quand le droit est bafoué... s’engager !

           Les artistes australiens n’hésitent pas à pousser les portes de la perception, à introduire des opinions révolutionnaires, d’avant-garde, à témoigner des métamorphoses de leur époque à travers les mouvements sociaux, les manifestations - concernant notamment la grève des  Aborigènes ... Mais ce qui reste original, même si l’expérience n’a pas duré plus de 30 ans, c’est d’éprouver d’autres modes collectifs d’exploitation...

          Les images qui en résultent et ont été diffusées dans les circuits commerciaux ou éducatifs un peu partout en Australie... et l’aventure vaut le coup d’être partagée.

 

Du deuil à la renaissance les SHORT 

     Tout semble s’expliquer ! En effet, l’influence est interactive entre les films océaniens et la rénovation des coutumes du Pacifique. KAVA’O AOTEARUA (N-Z) de Joshua Teariki Baker les adapte à l’époque actuelle et aux participants. Et au niveau du FIFO, la coutume du kava s’est cérémonieusement mise en place.

        Les habitudes culturelles familiales ne peuvent être effacées par un régime politique : HE OHAKI de Kararaina Rangihau (N-Z) revient aux valeurs humaines universelles que se sont permis d’éradiquer les régimes colonisateurs.

   Entre la précipitation et le savoir-faire ancestral, une contrée dévastée MOURNING COUNTRY (AUST) de Andrew Kaineder et des pratiques de jachère aquatique en voie d’expérimentation : RAHUI (PF) de Mélissa Constatinovitch.

           

Un combat des jeunes générations... ?

          Un pari pour la vie avec FAST EDDIE (NZ) de Keely Meechan : quand diminué, il opte pour le risque.

         Quand le combat est une régénération : MANA OVER METH (NZ) de Holly Beckham.

       Quand témoigner vous engage pour les autres et remporte ses victoires : TESTIMONY (NZ) d’Alice Lolohea.

           Et que la législation se trouve encore retardataire en matière de choix du genre en Australie dans THE DREAMLIFE OF GEORGIE  STONE de Maya Newell.

         Sans mésuser de l’impact réciproque entre films sélectionnés et esprit du festival et des festivaliers, il s’agirait bien d’interaction mais peut-être aussi de de symbiose.

       

Un article de  Monak

 

   Tous droits réservés à Monak & Julien Gué. Demandez l’autorisation des auteurs avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.


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